Selon le rapport 2024 du Conseil européen des paiements portant sur les menaces aux paiements et les tendances en matière de fraude, la fraude aux paiements basée sur le piratage psychologique cible désormais les entreprises et les utilisateurs particuliers par le biais de l’usurpation d’identité et de paiements poussés. (Conseil européen des paiements) Pour les institutions bancaires et financières, cette escalade souligne l’importance des capacités de vérification de l’identité du bénéficiaire — non seulement au moment de l’intégration des nouveaux clients, mais aussi lors des transferts de fonds.
La mise en œuvre du règlement européen sur les paiements instantanés a renforcé cette attente : les cadres de vérification des bénéficiaires (par exemple, la stratégie de vérification du bénéficiaire) font désormais partie de l’écosystème des paiements en Europe. (Conseil européen des paiements) Alors que les banques et les fournisseurs de services de paiement repensent la prévention de la fraude, la vérification de l’identité des bénéficiaires apparaît comme une question stratégique : comment s’assurer que les fonds vont bien au destinataire prévu, et non à un escroc qui se cache derrière de légères variations de nom ou des identifiants de compte volés?
Les institutions qui améliorent leurs capacités de vérification de l’identité du bénéficiaire réduisent non seulement leur exposition à la fraude par paiement poussé autorisé, mais de plus, elles renforcent la confiance de leurs clients, s’alignent sur les attentes réglementaires et développent leur résilience opérationnelle.
Mécanismes de vérification de l’identité du bénéficiaire et risques de fraude
Dans sa forme la plus simple, la vérification de l’identité du bénéficiaire consiste à comparer le nom du bénéficiaire (ou l’identifiant) saisi par le payeur avec le nom du titulaire du compte détenu par la banque du bénéficiaire au moment de la création du paiement. Dans le cadre de la stratégie de vérification du bénéficiaire, le fournisseur de services de paiement du payeur envoie une demande au fournisseur de services de paiement du bénéficiaire : « Le nom et l’IBAN correspondent-ils à ce qui figure à vos dossiers? » Le fournisseur de services de paiement du bénéficiaire renvoie l’un des résultats standard suivants : correspondance, correspondance proche (divergence mineure), absence de correspondance ou vérification impossible. (Conseil européen des paiements)
Pourquoi cela est-il important? Prenons l’exemple classique de la fraude par paiements poussés autorisés : la victime est manipulée et autorise un virement en croyant qu’il est légitime (par exemple, à destination d’un fournisseur ou d’un collègue). Que se passe-t-il si le compte du bénéficiaire est sous le contrôle du fraudeur ou si celui-ci utilise un nom de compte presque identique (par exemple, « ABC Rentals Ltd » plutôt que « ABC Rental Ltd »)? Si la banque du payeur se base uniquement sur le numéro de compte ABI sans vérifier le nom, l’opération se déroulera sans vérification. La vérification de l’identité du bénéficiaire ajoute un contrôle avant l’autorisation, créant ainsi une deuxième couche de défense : vérifier qui va recevoir les fonds, et pas seulement où votre les fonds.
L’impact sur les institutions financières et leurs clients
Pour les banques et les fournisseurs de services de paiement, une vérification insuffisante de l’identité du bénéficiaire se répercute dans plusieurs domaines de risque :
- Pertes en raison de la fraude et remboursements : Lorsqu’une fraude aux paiements poussés autorisés fonctionne, l’institution du payeur peut subir des frais de remboursement et des frais de service à la clientèle, et voir sa réputation entachée.
- Charge opérationnelle : Les enquêtes sur les paiements détournés, la gestion des retours ou des flux d’exceptions, et le traitement des demandes de renseignements des clients sont des activités coûteuses en temps et en argent.
- Érosion de la confiance des clients : Les clients commerciaux et de détail s’attendent à ce que les paiements soient sûrs et exacts; des erreurs ou des fraudes fréquentes peuvent nuire à la réputation de l’institution.
- Réglementation et risques de responsabilité : Avec l’entrée en vigueur du règlement européen sur les paiements instantanés et de la stratégie de vérification du bénéficiaire, les banques devraient intégrer des capacités de vérification du bénéficiaire. L’absence de mécanismes de contrôle solides peut accroître l’exposition aux risques opérationnels ou à la responsabilité (lseg.com).
Pour les clients des banques (particuliers et entreprises), la vérification de l’identité du bénéficiaire se traduit par une réduction des paiements erronés, une diminution des cas d’usurpation d’identité et une plus grande fluidité des virements. Cela permet aux clients d’adopter des paiements plus rapides et en temps réel avec une plus grande confiance.
Pourquoi les méthodes traditionnelles de prévention de la fraude sont insuffisantes
De nombreuses institutions s’appuient sur des règles de suivi des transactions, sur la détection des anomalies, sur des mesures du comportement des appareils ou des connexions, ou sur des vérifications manuelles des noms lorsque quelque chose semble suspect. Mais les menaces à l’identité des bénéficiaires révèlent les lacunes de ces méthodes :
- Le piratage psychologique permet de contourner les contrôles techniques : Les fraudeurs convainquent souvent les victimes d’approuver elles-mêmes les paiements (fraude aux paiements poussés autorisés), de sorte que la détection après autorisation est réactive et arrive souvent trop tard. (Conseil européen des paiements)
- Variations de noms et réutilisation de comptes : Un numéro de compte légitime peut être valide, mais la variation du nom du bénéficiaire peut être subtile; sans correspondance de nom, le paiement pourrait quand même être effectué.
- Paiements rapides et en temps réel : Les systèmes de paiement instantané laissent peu de temps pour un examen manuel ou pour les signaux et mécanismes de blocage traditionnels; les contrôles préalables à l’autorisation doivent être automatisés et intégrés.
- Problèmes de qualité des données : Si les données relatives au nom du titulaire du compte sont incomplètes ou incohérentes, même un système de vérification peut renvoyer de nombreux résultats de « correspondance proche » ou d’« absence de correspondance », ce qui affecte l’expérience de l’utilisateur. En effet, une étude a révélé qu’« au moins 10 % des transactions valides […] ne donneraient pas lieu à une correspondance de nom » dans le cadre d’une mise en œuvre anticipée. (EBA Clearing)
Par conséquent, les banques et les fournisseurs de services de paiement doivent cesser de se fier à d’anciens cadres de détection de la fraude pour passer à une vérification de l’identité avant autorisation qui fonctionne de manière transparente et en temps réel, traite les divergences de manière intelligente et s’intègre à une surveillance plus large de la fraude.
Tirer parti de la détection des arnaques propulsée par l’IA pour améliorer la vérification des bénéficiaires
Pour les institutions, la vérification moderne de l’identité des bénéficiaires doit s’intégrer dans le dispositif plus large de prévention de la fraude. Voici comment les capacités avancées de détection des arnaques en temps réel propulsées par l’IA peuvent augmenter la valeur offerte :
- Collecte de renseignements multicanaux : des outils tels qu’AssistArnaque de Scamnetic peuvent analyser les courriels, les textos, les applications de messagerie et les canaux vocaux pour détecter des modèles d’usurpation d’identité et de piratage psychologique avant qu’un paiement ne soit lancé.
- Analyse des variations de noms : Les modèles d’apprentissage automatique peuvent évaluer l’historique des noms de comptes, les variations orthographiques et l’utilisation de pseudonymes, et ainsi signaler lorsqu’un nom de bénéficiaire apparaît dans un réseau à risque connu.
- Évaluation des risques liés aux relations des bénéficiaires : Au lieu d’une correspondance binaire (« correspondance/absence de correspondance »), l’IA peut fournir une cote de risque continue basée sur l’historique du bénéficiaire, l’âge du compte, la fréquence des transactions, les contreparties et la géographie, et lier cette cote à la décision de vérification du bénéficiaire.
- Alertes et interventions en temps réel : Lorsqu’un paiement déclenche une non-correspondance du nom du bénéficiaire et des signaux comportementaux inhabituels (par exemple, nouveau compte, valeur élevée, initiation en dehors des heures normales), le système peut générer une alerte ou interrompre le flux de paiement.
- Apprentissage en boucles de rétroactions : Les modèles d’IA apprennent en permanence à partir des résultats des enquêtes, ce qui permet au système d’affiner ce qui constitue une « concordance proche » ou des noms de bénéficiaires à haut risque.
En intégrant des capacités de détection des arnaques propulsées par l’IA à la vérification de l’identité du bénéficiaire, les banques et les fournisseurs de services de paiement passent d’une correspondance statique à une vérification tenant compte de la situation, ce qui améliore à la fois la précision et l’expérience de l’utilisateur. En effet, l’institution passe d’un traitement réactif de la fraude à une prévention proactive de la fraude.
En analysant l’importante montée des fraudes par piratage psychologique, vous voyez des opportunités : la vérification de l’identité du bénéficiaire n’est pas seulement une question de réglementation; elle est essentielle pour permettre aux banques de protéger leurs clients contre la tromperie, de préserver l’intégrité des paiements et d’instaurer la confiance. Les institutions qui intègrent la vérification de l’identité dans leur architecture de paiement, exploitent les signaux alimentés par l’IA et traitent le sujet dans le cadre d’une véritable stratégie de gestion de la fraude se positionneront comme les gardiens de confiance des paiements d’aujourd’hui et de demain.
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